Observez 5 passages de l’ISS en une seule nuit !

Vous avez déjà observé un point brillant, voire très brillant, qui traverse une grande partie du ciel sans clignoter ? Alors vous avez peut-être déjà observé la Station Spatiale Internationale en direct ! Fin mai, les conditions devraient être optimales pour pouvoir en profiter au maximum, et saluer 5 fois Thomas Pesquet en une seule nuit (avant qu’il ne revienne, en juin prochain) !

Photographie d’un passage de l’ISS. Crédit : Dan Bush

La Station Spatiale Internationale (ISS, pour International Space Spation), à environ 400 km d’altitude, est le plus grand complexe en orbite autour de la Terre. L’ensemble de la structure, d’une centaine de mètres de long, de plus de 70 m de large , et dotée de grands panneaux solaires, peut ainsi réfléchir la lumière du Soleil vers la Terre si elle est éclairée par le Soleil ! Et si c’est le cas, elle devient alors visible depuis le sol, comme un point brillant qui se déplace sur le fond des étoiles.

En temps normal, on peut généralement observer un, voire deux passages (mais parfois aucun) de l’ISS dans le ciel, en début ou en fin de nuit. Mais il est des occasions où elle peut être vue à de nombreuses reprises, et la fin du mois de mai sera une de ces occasions là ! En effet, pendant 4 nuits, du 23 au 27 mai, l’ISS fera 5 passages visibles consécutifs au-dessus du Sud-Est de la France !

Photographie de la Station Spatiale Internationale (ISS) montrant l’immense complexe monté en orbite. Crédit : NASA

Car du haut de ses 400 km d’altitude, l’ISS vogue autour de la Terre à environ 7,7 km/s (27 600 km/h !), et elle fait donc un tour de notre planète en un peu plus d’une heure et 35 minutes : elle passe donc au-dessus de nos têtes régulièrement ! Mais n’est visible que lorsqu’elle éclairée par le Soleil, sinon, son passage est plus discret, et même complètement invisible. Dans les nuits du 23 au 27 mai, l’ISS sera éclairée par le Soleil à chacun de ses passages au-dessus du Sud-Est de la France : ce sont donc 5 passages (donc 5 coucous à Thomas Pasquet qui seront observables pendant la nuit) !

Si vous souhaitez observer ces 5 passages (ou moins en fonction de la fatigue et des disponibilités), n’hésitez pas à réserver une soirée, une matinée, ou une nuit complète d’observation avec le Comptoir des Étoiles ! Entre chaque passage (qui dure de 3 à 6 minutes environ), nous partirons à la découverte du ciel à l’œil nu, et voyagerons vers les planètes du Système solaire (et des comètes) et observerons l’Univers lointain (galaxies, nébuleuses et amas d’étoiles) avec des instruments d’astronomie ! De belles nuits en perspective !

Le Printemps des Comètes

45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova, 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak, C/2017 E4 (Lovejoy), C/2015 V2 (Johnson)… Ces petits matricules et noms ne vous disent rien ? Alors c’est que vous avez dû manquer le début du festival des comètes du printemps ! Mais pas d’inquiétudes, rien n’est perdu, car une dernière comète traîne sa queue dans le ciel : C/2015 ER61 (Pan-STARRS) ! A vos jumelles !

La comète C/2015 ER61 (PanSTARRS), photographiée le 6 mai 2017 par Damian Peach. Crédit image : Damian Peach

Aujourd’hui, 45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova est devenue une petite tâche floue insignifiante et difficile à observer, même dans des instruments de taille conséquente. 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak est quant à elle toujours observable dans la constellation de la Lyre, mais elle est très large et peu condensée : grand diamètre et grand champ indispensables pour espérer l’observer sereinement ! C/2017 E4 (Lovejoy) a également largement perdu en luminosité…

La comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak, photographiée le 5 mai 2017 par Yasushi Aoshima. Crédit image : Yasushi Aoshima, Spaceweather

Ne restent donc que : C/2015 V2 (Johnson), qui se promène actuellement dans le Bouvier, et est visible quasiment toute la nuit comme une tache floue qui continue de grimper doucement en magnitude (elle est actuellement entre magnitude +8 et +9), et surtout, la plus brillante du moment, C/2015 ER61 (Pan-STARRS) !

C/2015 V2 (Johnson), par sa position, est plus facile à observer. Elle est visible toute la nuit et relativement haute dans le ciel. issue du nuage de Oort, elle ne repasse dans le voisinage de notre planète que tous les 7 millions d’années environ… Donc profitez-en ce mois-ci, car il est peu probable que vous la revoyiez ! Une bonne paire de jumelles permet déjà de la repérer, au Nord-Est de la Tête du Bouvier, comme une boule floue cotonneuse.

La comète C/2015 V2 (Johnson), photographiée le 1er mai 2017 par Raffaele Esposito. Crédit image : Raffaele Esposito, Spaceweather

C/2015 ER61 (PanSTARRS), pourtant plus brillante d’une magnitude (elle n’est pas loin d’être à son maximum de luminosité, entre +7 et +7.5), nécessite un peu plus de recherches et d’efforts que sa camarade chevelue. Tout d’abord, parce qu’elle est localisée dans la constellation du Bélier. Et par conséquent, n’est visible que le matin. Ensuite parce qu’elle monte bien moins haut dans le ciel, puisqu’elle n’est qu’à une trentaine de degrés de hauteur, au mieux de sa visibilité, vers 3h TU. A noter que lors de sa découverte, les astronomes ont cru que cet objet était un astéroïde (d’où son matricule ER61, qui correspond à ceux donnés aux astéroïdes), avant que sa nature cométaire ne soit révélée. Et également que C/2015 ER61 (PanSTARRS) est une comète à longue période, mais plus courte quand même que C/2015 V2 (Johnson) : elle reviendra normalement dans à peu près 19 000 ans ! Mais c’est tout de même probablement la dernière occasion de l’observer cette année pour les Terriens !

Deux belles petites comètes accessibles, donc, à observer dès que la Lune nous laisse le ciel noir ! N’hésitez pas à réserver une soirée, matinée, ou nuit d’observation, où vous voulez, quand vous voulez, pour observer les deux visiteuses avant qu’elles ne repartent vers les confins du Système solaire !

Et si vous désirez être tenus au courant de l’actualité du ciel en continu par SMS, inscrivez-vous aux alertes astronomiques du Comptoir des Étoiles ! C’est simple, gratuit, efficace, sans publicités (et sans arrière-pensée de récupération de données ou intention commerciale, si ce n’est vous pousser à aller voir le ciel, si possible avec le Comptoir des Étoiles), et ça vous permet de recevoir un rappel pour les événements à venir, et d’être les premiers au courant en cas d’événement inattendu !

Rencontre de la Lune gibbeuse avec Zeus !

Cette nuit, la Lune va passer très près de la géante gazeuse du Système solaire: Jupiter (selon les Romains, ou Zeus selon les Grecs) ! Une belle occasion de repérer le phare étincelant de la plus grosse planète du Système solaire, ainsi que de pointer des jumelles ou un appareil photo vers le duo céleste !

Rapprochement serré de la Lune avec la planète géante Jupiter, dans la constellation de la Vierge, dans la nuit du 7 au 8 mai 2017. Crédit : Guillaume Cannat/Le Guide du Ciel 2016-2017/amds

Ce soir, alors que le Soleil est en train de se coucher au-dessus de l’horizon Ouest, n’hésitez pas à tourner votre tête à l’opposé du ciel, vers l’horizon Est : vous devriez voir, au-dessus de votre ligne d’horizon, une grosse Lune gibbeuse. Attendez encore un peu que le fond du ciel s’obscurcisse, au fur et à mesure que le Soleil plonge sous l’horizon opposé, et guettez un petit point lumineux, sous la Lune. Ça y est, vous l’avez ? Jupiter vous observe désormais de son unique œil, tellement brillant qu’il est actuellement l’astre le plus brillant du ciel après le Soleil (évidemment), la Lune (toujours évident) et Vénus (visible le matin uniquement).

Les deux astres sont alors tellement proches qu’il est possible de les voir dans le même champs de jumelles si vous profitez de l’occasion pour pointer cet instrument sur le duo céleste. L’occasion d’observer avec plus de détails les mers lunaires, ainsi que les plus gros cratères. Et de devinez aisément, autour de la planète Jupiter, ses 4 satellites naturels principaux : Ganymède (plus gros satellite du Système solaire) est à l’Ouest (droite) de la planète. A l’Ouest (gauche) de Jupiter, du plus proche de la planète au plus éloigné, Io et Europe, puis Callisto.

Position des 4 satellites joviens de Jupiter en milieu de nuit du 7 au 8 mai 2017. Crédit : Stellarium.

En observant notre satellite et Jupiter à plusieurs reprises au court de la nuit, vous devriez mettre en évidence le lent déplacement de la Lune sur le fond de ciel : Jupiter est immobile, et la Lune, au Nord-Ouest de la planète en début de nuit, finira au Nord-Est avant d’aller se coucher (vers 5h 30min). Notre satellite se décale en effet lentement vers l’Est, en continu ! Mouvement généralement difficilement perceptible quand il n’y a pas de repères à proximité, mais rapidement mis en évidence par des événements comme celui de cette nuit !

Un joli spectacle à admirer, donc, pour apaiser les esprits devant le grand spectacle de l’Univers !

Et si vous désirez être tenus au courant de l’actualité du ciel en continu par SMS, inscrivez-vous aux alertes astronomiques du Comptoir des Étoiles ! C’est simple, gratuit, efficace, sans publicités (et sans arrière-pensée de récupération de données ou intention commerciale, si ce n’est vous pousser à aller voir le ciel, si possible avec le Comptoir des Étoiles), et ça vous permet de recevoir un rappel pour les événements à venir, et d’être les premiers au courant en cas d’événement inattendu ! Et comme rien ne remplacera l’observation directe du ciel, vous pouvez également dès aujourd’hui réserver une soirée, matinée, ou nuit d’observation, où vous voulez, quand vous voulez !

L’œil du Taureau et le fin croissant lunaire

Si vous observez le ciel ce soir (27/04), vers 21h, après le coucher du Soleil, vous verrez un fin croissant lunaire dominé par une belle étoile rougeâtre. Cette étoile est Aldébaran, l’œil du taureau ! Mais si vous répétez l’opération le lendemain (28/04), à 21h, la Lune sera montée dans le ciel… et Aldébaran aura disparue ! Mais attendez un peu, et elle va revenir !

Rapprochement de la Lune de Mars et des étoiles du Taureau (et occultation d’Aldébaran dans la soirée du 28), les 28 et 29 avril. Crédit : Guillaume Cannat/Le Guide du Ciel 2016-2017/amds

Ce soir, après le coucher du Soleil, n’hésitez pas à chercher un horizon Ouest dégagé ! Après la Nouvelle Lune d’hier (26/04), cette dernière va doucement réapparaître dans le ciel du soir, tout d’abord sous forme d’un fin croissant, qui va prendre du volume de jour en jour. Ce soir, donc, un fin croissant lunaire sera observable légèrement au-dessus de l’horizon vers 21h-21h30. Au-dessus, des étoiles en forme de « V » : c’est l’amas d’étoiles des Hyades, qui représente le museau de la constellation du Taureau, dominé par l’éclat rougeoyant de l’un de ses yeux, Aldébaran. Un peu plus vers le Nord, vous devriez voir les Pléiades (un petit amas d’étoiles en forme de toute petite casserole) et à côté, un point rouge : la planète Mars.

Si vous revenez demain, la Lune ce sera déplacé (Mars aussi, mais le mouvement est moins rapide) ! Vous devriez la repérer plus facilement, puisqu’elle sera plus haute, et plus grosse. Par contre, A 21h, Aldébaran sera absente du ciel… Une étoile qui s’éteint ? Impossible… Mais où est-elle, alors ? Attendez un peu, armé, si possible, d’une paire de jumelles, et vous la verrez ré-apparaître ! Pointez vos jumelles vers la Lune, et à 21h 11min, un petit point lumineux va apparaître à côté de la Lune (côté éclairé) : c’est elle, Aldébaran, qui était masquée (occultée) par le disque lunaire ! Une superbe occasion de mettre en évidence le déplacement de la Lune sur le fond de ciel ! Car vous allez voir, au fur et à mesure de la soirée, que la Lune et Aldébaran vont doucement se séparer…

Observez un astéroïde géocroiseur le 19 avril !

L’espace interplanétaire est vide, mais pas si vide que cela : entre les corps principaux du Système solaire circule un nombre incalculable d’objets, dont la taille varie entre celle d’un grain de sable à celle d’un petit bus… Et ils arrivent que certains d’entre eux soient amenés à passer à proximité de la Terre : ce sont les géocroiseurs. Et le 19 avril prochain, l’un d’eux sera observable dans des instruments astronomiques amateurs !

Toutes les nuits, les curieux du ciel qui lèvent les yeux vers le ciel peuvent espérer apercevoir quelques fugitifs traits lumineux dans le ciel : les météores (synonyme d’étoiles filantes). Ces dernières signalent les derniers instants d’un grain de poussière interplanétaire qui vient de pénétrer à très grande vitesse l’atmosphère de la Terre, où il se sublime rapidement, laissant derrière lui une traînée lumineuse…

Parfois, ces météores sont un peu plus brillants. Voire même très brillants, comme à Tcheliabinsk, le 18 février 2013, lorsqu’un objet d’une quinzaine de mètres de diamètre a fait une rentrée atmosphérique remarquée.

C’est un objet du même type, mais un peut plus petit (3 à 6 m de diamètre) qui est passé très près de notre planète le 4 avril dernier. Le petit astéroïde géocroiseur 2017 GM a été découvert quelques heures avant son passage à moins de 10 000 km de la Terre (soit moins haut que les satellites géostationnaires, qui sont eux à 36 000 km d’altitude), le 4 avril, à 10h 31min TU ! S’il était rentré dans l’atmosphère terrestre, nous aurions alors eu droit à un superbe météore, moins brillant tout de même que celui de Tcheliabinsk, mais qui aurait pu permettre de lancer une chasse aux météorites (s’il avait eu lieu au-dessus des terres émergées et habitées).

Image de synthèse montrant la trajectoire du petit astéroïde 2017 GM lors de son passage rapproché de notre planète, le 4 avril 2017. Il est alors passé à l’intérieur de l’orbite les satellites géostationnaires, représentés sur l’image par un cercle blanc.
Crédit : NASA/CNEOS

Le 19 avril prochain, un autre astéroïde géocroiseur va venir rendre visite à la Terre. Celui-ci sera bien plus gros que 2017 GM, puisqu’il fait pas loin de 1 km de diamètre (entre 0.6 et 1.4 km) ! Par contre, il sera bien plus éloigné, car il passera à la distance respectable de près de 2 millions de kilomètres de notre planète (donc 200 fois plus loin que 2017 GM). Cet astéroïde, 2014 JO25, a également été découvert bien plus tôt, puisque sa découverte remonte en mai 2014, grâce au Catalina Sky Survey (à l’origine également de la découverte de 2017 GM).

Si les risques d’une collision avec la Terre sont nuls, cette rencontre avec un astéroïde de cette taille n’est pas banale, puisque la dernière remonte à septembre 2004 (avec l’astéroïde (4179) Toutatis, de 2 à 4 km de diamètre), et que la prochaine ne devrait pas avoir lieu (sauf découverte) avant 2027, lorsque 1999 AN10 (800 m de diamètre) passera à moins de 400 000 km de la Terre. Et qui plus est, les dimensions estimées de 2014 JO25 sont telles que son passage devrait être observable avec des moyens amateurs dans la soirée du 19 avril, alors qu’il sera à son point le plus proche de la Terre !

N’hésitez donc pas à réserver dès maintenant une soirée d’observation avec le Comptoir des Étoiles si vous voulez venir observer le petit point de 2014 JO25 filer dans l’espace sur fond de ciel étoilé ! Commençant à 21h (lieu à définir en fonction des réservations), sera accompagnée du découverte du ciel (constellations, mythologie), ainsi que de l’observation d’autres objets bien plus éloignés (Jupiter, Mars, amas d’étoiles, nébuleuses et galaxies). Et n’hésitez pas à vous abonner aux alertes astronomiques si vous voulez être mis au courant le plus rapidement possible dès qu’un futur géocroiseur nouvellement découvert est observable !

Deux comètes visibles aux jumelles !

Cela faisait longtemps que ça n’était pas arrivé ! Deux comètes sont actuellement suffisamment brillantes pour être observables aux jumelles sous un bon ciel ! Deux comètes complètement différentes, mais très intéressantes !

La première de ces deux comètes est bien connue : 41P/Tuttle-Giacobini-Kresák, découverte le 3 mai 1858, passe à proximité du Soleil tous les 5.5 ans. la dernière fois, cela a eu lieu le 12 novembre 2011, et la prochaine, le 12 avril prochain ! Mais avant de passer au périhélie, elle va passer très près de la Terre, puisque le 1er avril (dans 2 jours), elle sera à un tout petit peu plus de 21 millions de kilomètres de notre planète. A une échelle humaine, c’est éloigné, mais il n’est pas fréquent qu’une comète s’approche autant de la Terre ! Cette comète est une comète de la famille de Jupiter : après son passage au périhélie, elle va s’éloigner du Soleil jusqu’aux environs de l’orbite de cette planète géante gazeuse, avant de revenir. C’est donc une comète relativement bien connue, même si elle réserve quelques surprises : sursauts d’activité, retard sur les prévisions, etc, c’est une comète à surveiller !

Trajectoire apparente de la comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak. Crédit : Sky & Telescope

Et elle est actuellement très facile à observer, puisqu’elle est visible aux jumelles, depuis la France métropolitaine, toute la nuit ! Elle a en effet traversé la constellation de la Grande Ourse, et est actuellement dans le Dragon, donc très haut dans le ciel, ce qui la positionne idéalement pour l’observer, quelque soit le moment de la nuit ! Les dernières estimations lui confèrent une magnitude de +6.5 à +7, ce qui la rend même à l’extrême limite de visibilité à l’œil nu (certaines personnes rapportent même déjà l’avoir observée sans instrument, mais il est nécessaire d’avoir un ciel et une vision exceptionnels). Elle ressemble à une grosse boule floue (verdâtre sur les images), et elle va continuer de se déplacer en direction de la tête de la Petite Ourse dans les jours à venir.

La comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak photographiée le 27 mars 2017 par Norbert Mrozet. Crédit : Norbert Mrozet

La deuxième comète, C/2017 E4 (Lovejoy), est radicalement différente. Découverte très récemment (le 9 mars 2017, donc il y a moins d’un mois !) par un astronome amateur, Terry Lovejoy, elle n’était pas prédestinée à être très brillante. Cependant, elle va passer très (trop) près du Soleil lors de son passage au périhélie, et risque de ne pas survivre à son passage dans le Système solaire interne. Ce passage rapproché de notre étoile (le 23 avril 2017) laisse penser qu’elle pourra être relativement brillante. Les dernières observations semblent confirmer ces hypothèses. Même si on est très loin d’une comète du siècle, elle est cependant d’une luminosité comparable à 41P/Tuttle-Giacobini-Kresák (depuis qu’elle a connu un petit sursaut de luminosité, il y a 3 jours), mais se présente sous une forme bien plus condensée. Une queue a également été photographiée ces dernières nuits (attention : elle n’est pas observable en visuel aux jumelles). Et elle devrait continuer de gagner en luminosité au fur et à mesure qu’elle se rapproche du Soleil.

Image de la comète C/2017 E4 (Lovejoy) prise le 30 mars 2017 par Gianluca Masi avec le Virtual Telescope. Crédit : Gianluca Masi, Virtual Telescope

Contrairement à la comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresák, C/2017 E4 (Lovejoy) n’est visible que le matin. Elle passe actuellement de la constellation du Petit Cheval à celle de Pégase, et se présente sous la forme d’une boule floue légèrement allongée.

Trajectoire apparente de la comète C/2017 E4 (Lovejoy). Crédit : Seiichi Yoshida

 

Vénus, étoile du soir… et du matin !

A partir d’aujourd’hui, et pendant quelques jours, Vénus devrait être le premier astre à apparaître dans le ciel du soir… et le dernier à disparaître dans le ciel du matin (si on oublie la Lune) ! Et ce alors qu’elle est très proche du Soleil ! Comment est-ce-possible ?

Dans 5 jours, le 25 mars 2017, Vénus, deuxième planète du Système solaire, va passer en « conjonction inférieure » avec le Soleil. Ce terme barbare désigne en fait simplement le fait qu’elle va passer entre le Soleil et la Terre (Vénus, comme Mercure, circulent sur des trajectoires plus proches du Soleil que la Terre). C’est ce phénomène, appelé « conjonction inférieure » qui explique son apparence actuelle : Vénus, dans un instrument d’astronomie, est actuellement très grande, et se présente sous forme d’un fin croissant, équivalent à ceux observés avec la Lune quelques dizaines d’heures avant et après la Nouvelle Lune. Ce qui est normal, puisque Vénus passant entre nous et le Soleil, elle nous présente sa face non-éclairée.

Observerons-nous donc une Nouvelle Vénus dans quelques jours, ou un passage de Vénus devant le Soleil ? Non. Les passages (« transits » de Vénus devant le Soleil sont rarissimes. Les deux derniers ont eu lieu les 8 juin 2004 et 6 juin 2012. Et les prochains auront lieu… en 2117 et 2125 ! Donc Vénus ne passera pas devant le disque solaire. Elle passera au-dessus (au Nord) du limbe de notre étoile. C’est pourquoi elle ne disparaîtra pas complètement. Qui plus est, son passage sera tellement au Nord du Soleil, qu’elle restera sous forme d’un fin croissant visible, qui va doucement passer du limbe Ouest de la planète… au limbe Est, en passant par le Sud !

Evolution du fin croissant vénusien, du 11 au 19 mars 2017, photographié par Shahrin Ahmad. On voit clairement le croissant s’affiner et se décaler vers le limbe Sud de la planète. Dans quelques jours, il aura fait une transition complète jusqu’au limbe Est ! Crédit : Shahrin Ahmad.

Et c’est à cette occasion également, que Vénus, encore surnommée par erreur « l’étoile du Berger » (car, hormis la Lune, c’est le premier objet à être visible le soir après le coucher du Soleil, ou le dernier visible avant le lever du Soleil le matin, quand elle est visible), pourra être visible le soir… et le matin ! Car elle est tellement haute, qu’elle se couchera suffisamment tard après le coucher de Soleil pour devenir visible sur le fond de ciel, et qu’elle apparaîtra le matin avant le lever du Soleil ! Cette double visibilité de Vénus sera observable jusqu’au 24.

Alors que Vénus plonge vers le Soleil dans le ciel du soir, elle s’en extirpe le matin. Résultat, la brillante planète est visible pendant 4 jours, du 20 au 24 mars, à la fois le soir et le matin ! Et elle sera d’autant plus haute le matin, qu’elle sera basse le soir… Crédit : Guillaume Cannat/Le Guide du Ciel 2016-2017/amds

Ensuite, il ne sera plus possible de l’observer dans le ciel du soir, et elle sera définitivement devenue l’astre du matin. Son croissant devrait alors reprendre de l’embonpoint petit à petit, au fur et à mesure qu’elle va s’éloigner du Soleil…