Éclipse de Soleil en vue !

Cela faisait des années que les astronomes amateurs en parlaient et l’attendaient… Ça y est, elle arrive ! Lundi 21 août 2017, la Lune va éclipser le Soleil. Un phénomène qui arrive environ 1 à 2 fois par an, mais qui ne couvre à chaque fois qu’une toute petite bande de Terre. Et celle du 21 août est exceptionnellement bien placée : elle traverse les États-Unis d’Est en Ouest, et une éclipse partielle sera même visible depuis certaines régions de France !

Image de l’éclipse totale de Soleil du 11 août 1999. Crédit image : Luc Viatour / https://Lucnix.be

Une éclipse de Soleil survient lorsque la Lune, Nouvelle, passe exactement entre notre planète et le Soleil. Lorsque ce phénomène a lieu, l’ombre de la Lune qui se projette à l’opposé du Soleil, balaye la surface terrestre. Les heureux habitants qui ont la chance de se retrouver dans l’ombre de la Lune voient alors le Soleil disparaître, masqué par le disque lunaire : c’est une éclipse de Soleil. De tels événements se produisent environ 2 fois par an (si on tient compte des éclipses totales et annulaires de Soleil). mais ce qui fait leur rareté, c’est qu’elles ne concernent à chaque fois qu’une étroite bande du globe, qui a bien souvent l’idée d’être localisée dans des endroits inhabités (océans, zones polaires, déserts)… C’est de là que l’éclipse du 21 août tient son caractère exceptionnel. Car comme l’éclipse du 11 août 1999, qui avait traversé l’Europe, celle de lundi va traverser les États-Unis d’Est en Ouest, de l’Oregon à la Caroline du Sud, en passant à proximité de nombreux sites naturels exceptionnels et de grandes villes d’Amérique du Nord ! Le dernier événement aussi favorable pour cette région du monde remonte au 8 juin 1918 !

 

L’événement sera largement retransmis en direct (https://www.nasa.gov/eclipselive-info) pour ceux qui n’ont pas eu la chance de pouvoir se déplacer là-bas pour observer le Soleil Noir.

Mais pour ceux qui voudraient tout de même observer un minimum de cet événement sans sortir de France, sachez que c’est possible ! Car alors que le l’ombre de la Lune sera en train de finir sa course au-dessus de l’océan Atlantique, le Soleil couchant sera légèrement entamé par le disque lunaire pour les régions situées à l’Ouest de la France. Dans le Finistère, où l’éclipse partielle sera maximale, cette dernière sera même de 7% ! Dans le Nord-Ouest du Cotentin, le Soleil se couchera également au maximum de son éclipse partielle, et 5% de sa surface seront alors grignotés par notre satellite naturel.

Carte montrant les zones d’Europe occidentale d’où l’éclipse du 21 août 2017 sera visible en phase partielle. les zones situées à l’Ouest de la ligne orange pourront admirer le coucher de Soleil légèrement éclipsé. Crédit : Xavier Jubier

Où regarder les retransmissions en direct de l’éclipse de Soleil : https://www.nasa.gov/eclipselive-info

Les horaires de l’éclipse du 21 août 2017 :

  • 15h 47m TU : contact de la pénombre avec la surface terrestre : début de l’éclipse partielle au-dessus du Pacifique
  • 16h 48m TU : contact de l’ombre avec la surface terrestre : début de l’éclipse totale dans le Nord de l’océan Pacifique
  • 17h 16m TU : contact de l’ombre avec la côte Ouest des États-Unis (Oregon)
  • 18h 25m TU : plus grande éclipse (durée : 2′ 40″, au-dessus de l’Ouest du Kentucky, USA)
  • 18h 49m TU : fin du contact de l’ombre avec la côte Est des États-Unis (Caroline du Sud)
  • 20h 02m TU : fin du contact de l’ombre avec la surface terrestre : fin de l’éclipse totale 600 km au Sud du Cap-Vert
  • 21h 04m TU : fin du contact de la pénombre avec la surface terrestre : fin de l’éclipse partielle 600 km au-dessus de l’Atlantique

Les prochaines éclipses centrales de Soleil :

  • 2 juillet 2019 (éclipse totale : Chili, Argentine)
  • 26 décembre 2019 (éclipse annulaire : Arabie Saoudite, Inde, Sri Lanka, Sumatra, Singapour, Bornéo)
  • 21 juin 2020 (éclipse annulaire : centre de l’Afrique, Yémen, Arabie Saoudite, Oman, Pakistan, Tibet, Chine, Taïwan)
  • 14 décembre 2020 (éclipse totale : Chili, Argentine)
  • 10 juin 2021 (éclipse annulaire : Canada, Groenland, Russie ; éclipse partielle visible en France)
  • 4 décembre 2021 (éclipse totale : Antarctique)

Les Perséides arrivent !

Si vous vous levez demain matin (11/08) avant le lever du Soleil, vous devriez, malgré la Lune, apercevoir quelques étoiles filantes traverser rapidement le ciel nocturne. C’est normal, le maximum d’activité des Perséides est prévu dans une cinquantaine d’heures !

Les Perséides 2017 photographiées par Tunç Tezel depuis la Turquie. Crédit : Tunç Tezel, TWAN

Tous les ans, à la même période (aux alentours du 12 août), de nombreuses personnes partent à la chasse aux étoiles filantes (également appelés météores). Car ces dernières sont effectivement plus nombreuses ces nuits-là. La raison ? Notre planète, la Terre, traverse alors une zone plus dense en poussières (également appelés météoroïdes) de l’espace. Ces poussières se sont échappées depuis plusieurs centaines, voire milliers d’années du noyau d’une comète, 109P/Swift-Tuttle, qui revient à proximité du Soleil, et donc de la Terre, tous les 133 ans environ. Car le noyau d’une comète est composé de poussières et de glaces. En se rapprochant du Soleil, la glace de la surface se sublime (passe directement de l’état solide à l’état gazeux), emportant avec elle les particules rocheuses inclues dedans. Conséquence : l’orbite de la comète est entourée d’un nuage de météoroïdes qui ont été libérés depuis plus ou moins longtemps, et donc plus ou moins dispersés. Son dernier passage eut lieu en décembre 1992, et les années qui précédèrent et suivirent ce retour furent la source d’une recrudescence d’activité.

Depuis, l’activité semble s’être stabilisée, et le nombre théorique de Perséides observables actuellement par heure lors du maximum est d’environ 100. Le nombre de météores réellement observé est moindre (sauf si vous avez un ciel parfait !). Par exemple, cette année, la Lune étant présente dans le ciel, vous devriez observer 20 à 30 Perséides par heure, en fin de nuit, même si le ZHR* est de 100, en fin de nuit du 11 au 12, puis du 12 au 13 août.

Le maximum est en effet prévu cet année  entre le 12 août, 14h TU et le 13 août, 02h30 TU. Les meilleures périodes pour observer les Perséides sont donc la fin de nuit du 11 au 12 août, et toute la nuit du 12 au 13 août (en début de nuit, le radiant sera bas dans le ciel, mais la Lune absente ; en fin de nuit, le radiant** sera plus haut, mais la Lune sera présente, donc en fonction de vos disponibilités et conditions d’observation, vous pouvez choisir votre période d’observation).

La position du radiant des Perséides (PER) et son déplacement au cours du temps. Crédit : IMO

Pour cela, quelques conseils indispensables pour que vos observations se déroulent bien !

  • Couvrez-vous chaudement ! Même si nous sommes en été, les nuits sont fraîches, et vous allez rester allongés, sans trop bouger. Donc si vous ne voulez pas écourter votre session d’observation pour cause d’hypothermie, couvrez-vous chaudement, d’autant plus que les températures prévues pour les nuits à venir sont relativement fraîches.
  • Allongez-vous ! Chaise-longue, tapis de sol sont les bienvenus ! Sinon, c’est torticolis assuré, et une session d’observation écourtée…
  • Observez en deuxième moitié de nuit : le radiant (le point du ciel, d’où, par un effet de perspective, les Perséides semblent toutes provenir) des Perséides est dans Persée (d’où leur nom). Or, la constellation de Persée est très basse dans le ciel en début de nuit. Conséquence : leur nombre observable sera faible. Par contre, en fin de nuit, Persée sera bien plus haute dans le ciel, et le nombre de météores observés sera donc bien plus important !
  • Concentrez-vous ! Vous verrez bien moins de météores si vous ne gardez pas toute votre attention concentrée vers le ciel. Surtout pour les météores les moins lumineux.
  • Essayez d’observer sous des cieux les plus purs possibles : la Lune sera présente, et éclairera le ciel. Tout voile de brume, nuages, humidité ou aérosols augmentera considérablement ses effets. Plus votre ciel sera pur, moins l’effet de la Lune se fera sentir, et plus vous verrez d’étoiles filantes.
  • Masquez la Lune (avec un relief, un paravent, un parasol, ou une casquette) : cette dernière est très brillante, et fatiguante à la longue. Surtout, ne la gardez pas dans votre champs de vision, mais regardez plut^to dans la direction opposée, là où le ciel est plus noir !

N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions à ce sujet !

Bonne chasse aux vœux !

 

Notes

*ZHR : Zenithal Hourly Rate, c’est-à-dire le nombre théorique maximum observable de météores d’une source météorique donnée dans des conditions d’observation parfaites (radiant au zénith et ciel bien noir). Le nombre de météores réellement observé est généralement moindre.

**radiant : zone de la voûte céleste d’où semblent provenir, par un effet de perspective, les météores d’une même pluie météorique. En pratique, il ne faut jamais observer directement le radiant, car les météores peuvent apparaître partout dans le ciel. Pour optimiser sa chasse aux Perséides, il faut observer à une distance de 20-40° du radiant, à 60-80° de hauteur, et ne surtout pas avoir la Lune dans son champs d’observation !

La Lune s’éclipsera partiellement lundi 7 août !

Avertissement : si vous habitez la Bretagne ou l’Ouest de la Normandie, ce qui est écrit ci-dessous ne sera pas observable ! Deux solutions s’offrent alors à vous : changer de position le plus vite possible en vous dirigeant vers l’Est, ou ne pas lire cette rubrique, pour ne rien regretter !

Imaginez… Vous êtes en vacances, au bord de la mer, les goélands et les mouettes chantent, les vagues balaient doucement le rivage, et vous regardez tranquillement le ciel se coucher, en ce lundi 7 août… Vous pensez que rien de plus beau et de plus merveilleux ne pourrait avoir lieu sur Terre, alors qu’en fait, si. Et pour cela, il faudra juste que vous vous retourniez.

Car de l’autre côté de l’horizon, vers l’Est, lorsque le Soleil sera en train de se coucher, la Pleine Lune, elle, va se lever ! L’occasion, juste avant, d’admirer l’arche anti-crépusculaire monter au-dessus de l’horizon Est. Cette bande sombre, qui commence à monter juste après le coucher du Soleil est en réalité la projection de l’ombre de notre planète dans l’atmosphère.

L’arche anti-crépusculaire est une bande bleu foncé qui apparaît au-dessus de l’horizon Est juste après le coucher du Soleil, et qui monte petit à petit. Il s’agit en réalité de l’ombre de notre planète qui se projette dans notre atmosphère !

Ombre de notre planète qui se prolonge bien au-delà, dans l’espace, et qui va, en ce lundi 7 août, atteindre la Lune ! Car quand cette dernière va se lever, vous vous apercevrez alors qu’elle ne se présentera pas sous forme d’un disque complet, mais que ce dernier semblera légèrement croqué. Vous assistez en effet aux dernières phases d’une éclipse partielle de Lune !

Voilà à quoi devrait ressembler la Lune lorsqu’elle se lèvera, lundi 7 août 2017, alors que le Soleil se couchera !

Une éclipse de Lune se produit lorsque le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés dans cet ordre. Si la configuration est adéquate, la Lune peut dès lors traverser en intégralité (on observe alors une éclipse totale de Lune) ou en partie (on observe alors une éclipse partielle de Lune) le cône d’ombre qui se projette derrière notre planète, à l’opposé du Soleil. Ce lundi 7 août, entre 17h 22m 55s TU et 19h 18m 10s TU (soit entre 19h 22m et 21h 18m, en heure légale française d’été), la Lune va rentrer légèrement à l’intérieur du cône d’ombre de la Terre : ceux pour qui la Lune sera levée à ces horaires pourront donc observer une éclipse partielle de Lune par l’ombre.

Schéma du déroulement de l’éclipse partielle de Lune par l’ombre, le 7 août 2017. Crédit : NASA/Fred Espenak

Pour une majeure partie de la France, ce sera le cas, et la Lune se lèvera partiellement éclipsée. Pour l’extrême Ouest (Bretagne et Ouest de la Normandie), la Lune ne se lèvera qu’après 19h 18m TU (21h 18m en heure légale française d’été), et les observateurs ne pourront que voir l’éclipse par la pénombre, bien moins spectaculaire, mais néanmoins détectable, notamment du côté de l’ombre, qui devrait paraître plus sombre.

Carte de visibilité de l’éclipse partielle de Lune par l’ombre du 7 août 2017. On y comprend pourquoi l’éclipse ne sera pas visible depuis la Bretagne et l’Ouest de la Normandie. Crédit : NASA/Fred Espenak

Pour observer cette éclipse, rien de plus simple ! Il suffit d’être dehors et d’avoir un horizon Est relativement dégagé, pour ne pas perdre une miette du phénomène, puisque nous n’auront droit qu’à la fin de cette éclipse : le plus tôt vous verrez la Lune, plus vous pourrez en profiter ! Pas de protections nécessaires, pas d’équipements compliqués à mettre en œuvre : vous allez simplement observer la Lune ! Une paire de jumelles, une longue vue, un téléobjectif ou un instrument d’astronomie (lunette ou télescope) peuvent vous aider à mieux voir la coloration de l’ombre et son évolution à la surface de notre satellite. Mais l’œil nu vous sera amplement suffisant pour ne rien rater du spectacle, et profiter de la vue de notre satellite accompagné de l’arche anti-crépusculaire et de tout l’environnement céleste et terrestre !

Alors, rappelez-vous, le 7 août, pour une fois, vous pouvez observer le coucher de Soleil, mais surtout, n’oubliez pas de vous retourner pour voir le plus beau lever de Lune de l’année !

Les heures à retenir pour cette éclipse :
15h 50m 02s TU : début de l’entrée de la Lune dans la pénombre
17h 22m 55s TU : début de l’entrée de la Lune dans l’ombre
19h 18m 10s TU : sortie de la Lune de l’ombre
20h 50m 56s TU : sortie de la Lune de la pénombre

Et pour avoir toutes les informations techniques concernant cet événement, un seul site, celui de Fred Espenak (Mr Eclipse)

Et les prochaines éclipses de Lune visibles en Europe d’ici 2022 auront quant à elles lieu le 27 juillet 2018 (éclipse totale), le 21 janvier 2019 (éclipse totale) et le 16 juillet 2019 (éclipse partielle)…

Saturne au plus proche pour 2017 !

Aujourd’hui, jeudi 15 juin 2017, Saturne, la planète aux Anneaux, passe à l’opposition ! Késako ? L’explication en est très simple. La conséquence, c’est qu’elle est placée au mieux pour l’observation pour cette année !

La planète Saturne, photographiée par la sonde Cassini (qui doit plonger dans son atmosphère en septembre prochain). Crédit : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

Moins brillante que Jupiter, qui domine le ciel par son éclat au-dessus de l’horizon Sud, mais tout de même bien présente, Saturne est déjà levée en début de nuit, au-dessus de la constellation du Scorpion (facilement reconnaissable, au-dessus de l’horizon Sud-Ouest). Depuis Ophiuchus (la seule constellation du zodiaque qui n’est pas un signe du zodiaque, entre le Scorpion et le Sagittaire), elle domine la Voie lactée et brille comme un petit point jaunâtre, qui ne scintille pas (contrairement aux étoiles).

Or, aujourd’hui (15/06/2017), Saturne passe à l’opposition. C’est-à-dire que, depuis la Terre, la planète aux anneaux est localisé à l’opposé du Soleil dans le ciel. Et un simple dessin suffira à vous en convaincre rapidement : une planète qui passe à l’opposition… est une planète qui est au plus près de la Terre ! Et même si malheureusement, Saturne ne monte pas très haut dans le ciel, son diamètre apparent sera le plus grand pour toute l’année 2017.

Nombreux sont ceux pour qui la première vision de Saturne et son fin cortège d’anneaux reste gravée dans la mémoire. Et pour cause ! Cette structure, qui fait à peine quelques dizaines de mètres d’épaisseur (la planète fait quant à elle 120 000 km de diamètre, et les anneaux, plus de 400 000 km) est très facilement visible depuis la Terre, même dans les plus petits des instruments amateurs ! Une bonne paire de jumelles grossissant un peu peut déjà révéler la forme ovoïde de l’astre (sans qu’on puisse distinguer les anneaux), et son satellite principal, Titan. Avec un petit instrument, le doute n’est plus permis, et les anneaux s’affichent déjà dans toute leur splendeur, avec la division sombre de Cassini, et plusieurs satellites deviennent observables !

La planète sera observable dans de bonnes conditions tout l’été : si vous voulez l’observer (ainsi que bien d’autres objets célestes), n’hésitez pas à réserver une soirée, matinée, ou nuit d’observation, où vous voulez, quand vous voulez ! Et si vous désirez être tenus au courant de l’actualité du ciel en continu par SMS, inscrivez-vous aux alertes astronomiques du Comptoir des Étoiles ! C’est simple, gratuit, efficace, sans publicités (et sans arrière-pensée de récupération de données ou intention commerciale, si ce n’est vous pousser à aller voir le ciel, si possible avec le Comptoir des Étoiles), et ça vous permet de recevoir un rappel pour les événements à venir (prévus ou imprévus) !

Impacts sur Jupiter !

Vendredi 26 mai 2017, l’astronome amateur Sauveur Pedranghelu filmait Jupiter depuis Afa, en Corse du Sud, quand il a enregistré deux flashes lumineux à deux minutes d’intervalle dans l’atmosphère de Jupiter : deux impacts venaient d’avoir lieu !

Image des impacts (en haut, au milieu) sur Jupiter, le 26 mai 2017, à 19h 24min et 19h 26min TU, photographiés par Sauveur Pedranghelu, et traitée par Marc Delcroix. Crédits image : Sauveur Pedranghelu, marc Delcroix

De tels impacts ont déjà eu lieu, et ont déjà été observé et enregistré sur Jupiter. Le plus impressionnant, et celui qui restera probablement dans les annales de l’astronomie, c’est celui de l’impact de la comète D/1993 F2 (Shoemaker-Levy 9), entre le 16 et le 22 juillet 1994. Ce sont alors 23 fragments de cette comète disloquée qui vont percuter l’atmosphère de la géante gazeuse, et laisser des cicatrices observables pendant des semaines. Depuis, d’autres impacts ont été observés, ou des stigmates d’impacts (souvent des taches sombres au sommet de la masse nuageuse jovienne).

Les fragments de la comète D/1993 F2 (Shomaker-Levy 9) photographié le 17/05/1994, avant impact dans l’atmosphère de Jupiter. Crédits image : NASA/JPL/Caltech, Hubble Space Telescope

Image des cicatrices laissées par l’impact des fragments de la comète D/1993 F2 (Shomaker-Levy 9) dans l’atmosphère de Jupiter, en juillet 1994. Crédits image : NASA, Hubble Space Telescope Comet Team

Vendredi dernier, les deux impacts ont été enregistrés à environ 2 minutes d’intervalle, à 19h 24min et 19h 26min TU. Leur énergie était chacune équivalente à celle libérée par l’entrée atmosphérique de Tcheliabinsk le 15 février 2013 ! Reste maintenant à observer Jupiter et essayer de voir si on peut détecter des effets de ces événements dans l’atmosphère sous forme de taches sombres !

Jupiter est actuellement très brillante et bien visible le soir et une grande partie de la nuit, dans la constellation de la Vierge. Si vous voulez l’observer (ainsi que bien d’autres objets célestes), n’hésitez pas à réserver une soirée, matinée, ou nuit d’observation, où vous voulez, quand vous voulez !

Et si vous désirez être tenus au courant de l’actualité du ciel en continu par SMS, inscrivez-vous aux alertes astronomiques du Comptoir des Étoiles ! C’est simple, gratuit, efficace, sans publicités (et sans arrière-pensée de récupération de données ou intention commerciale, si ce n’est vous pousser à aller voir le ciel, si possible avec le Comptoir des Étoiles), et ça vous permet de recevoir un rappel pour les événements à venir, et d’être les premiers au courant en cas d’événement inattendu comme ce dernier !

Observez 5 passages de l’ISS en une seule nuit !

Vous avez déjà observé un point brillant, voire très brillant, qui traverse une grande partie du ciel sans clignoter ? Alors vous avez peut-être déjà observé la Station Spatiale Internationale en direct ! Fin mai, les conditions devraient être optimales pour pouvoir en profiter au maximum, et saluer 5 fois Thomas Pesquet en une seule nuit (avant qu’il ne revienne, en juin prochain) !

Photographie d’un passage de l’ISS. Crédit : Dan Bush

La Station Spatiale Internationale (ISS, pour International Space Spation), à environ 400 km d’altitude, est le plus grand complexe en orbite autour de la Terre. L’ensemble de la structure, d’une centaine de mètres de long, de plus de 70 m de large , et dotée de grands panneaux solaires, peut ainsi réfléchir la lumière du Soleil vers la Terre si elle est éclairée par le Soleil ! Et si c’est le cas, elle devient alors visible depuis le sol, comme un point brillant qui se déplace sur le fond des étoiles.

En temps normal, on peut généralement observer un, voire deux passages (mais parfois aucun) de l’ISS dans le ciel, en début ou en fin de nuit. Mais il est des occasions où elle peut être vue à de nombreuses reprises, et la fin du mois de mai sera une de ces occasions là ! En effet, pendant 4 nuits, du 23 au 27 mai, l’ISS fera 5 passages visibles consécutifs au-dessus du Sud-Est de la France !

Photographie de la Station Spatiale Internationale (ISS) montrant l’immense complexe monté en orbite. Crédit : NASA

Car du haut de ses 400 km d’altitude, l’ISS vogue autour de la Terre à environ 7,7 km/s (27 600 km/h !), et elle fait donc un tour de notre planète en un peu plus d’une heure et 35 minutes : elle passe donc au-dessus de nos têtes régulièrement ! Mais n’est visible que lorsqu’elle éclairée par le Soleil, sinon, son passage est plus discret, et même complètement invisible. Dans les nuits du 23 au 27 mai, l’ISS sera éclairée par le Soleil à chacun de ses passages au-dessus du Sud-Est de la France : ce sont donc 5 passages (donc 5 coucous à Thomas Pasquet qui seront observables pendant la nuit) !

Si vous souhaitez observer ces 5 passages (ou moins en fonction de la fatigue et des disponibilités), n’hésitez pas à réserver une soirée, une matinée, ou une nuit complète d’observation avec le Comptoir des Étoiles ! Entre chaque passage (qui dure de 3 à 6 minutes environ), nous partirons à la découverte du ciel à l’œil nu, et voyagerons vers les planètes du Système solaire (et des comètes) et observerons l’Univers lointain (galaxies, nébuleuses et amas d’étoiles) avec des instruments d’astronomie ! De belles nuits en perspective !

Le Printemps des Comètes

45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova, 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak, C/2017 E4 (Lovejoy), C/2015 V2 (Johnson)… Ces petits matricules et noms ne vous disent rien ? Alors c’est que vous avez dû manquer le début du festival des comètes du printemps ! Mais pas d’inquiétudes, rien n’est perdu, car une dernière comète traîne sa queue dans le ciel : C/2015 ER61 (Pan-STARRS) ! A vos jumelles !

La comète C/2015 ER61 (PanSTARRS), photographiée le 6 mai 2017 par Damian Peach. Crédit image : Damian Peach

Aujourd’hui, 45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova est devenue une petite tâche floue insignifiante et difficile à observer, même dans des instruments de taille conséquente. 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak est quant à elle toujours observable dans la constellation de la Lyre, mais elle est très large et peu condensée : grand diamètre et grand champ indispensables pour espérer l’observer sereinement ! C/2017 E4 (Lovejoy) a également largement perdu en luminosité…

La comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak, photographiée le 5 mai 2017 par Yasushi Aoshima. Crédit image : Yasushi Aoshima, Spaceweather

Ne restent donc que : C/2015 V2 (Johnson), qui se promène actuellement dans le Bouvier, et est visible quasiment toute la nuit comme une tache floue qui continue de grimper doucement en magnitude (elle est actuellement entre magnitude +8 et +9), et surtout, la plus brillante du moment, C/2015 ER61 (Pan-STARRS) !

C/2015 V2 (Johnson), par sa position, est plus facile à observer. Elle est visible toute la nuit et relativement haute dans le ciel. issue du nuage de Oort, elle ne repasse dans le voisinage de notre planète que tous les 7 millions d’années environ… Donc profitez-en ce mois-ci, car il est peu probable que vous la revoyiez ! Une bonne paire de jumelles permet déjà de la repérer, au Nord-Est de la Tête du Bouvier, comme une boule floue cotonneuse.

La comète C/2015 V2 (Johnson), photographiée le 1er mai 2017 par Raffaele Esposito. Crédit image : Raffaele Esposito, Spaceweather

C/2015 ER61 (PanSTARRS), pourtant plus brillante d’une magnitude (elle n’est pas loin d’être à son maximum de luminosité, entre +7 et +7.5), nécessite un peu plus de recherches et d’efforts que sa camarade chevelue. Tout d’abord, parce qu’elle est localisée dans la constellation du Bélier. Et par conséquent, n’est visible que le matin. Ensuite parce qu’elle monte bien moins haut dans le ciel, puisqu’elle n’est qu’à une trentaine de degrés de hauteur, au mieux de sa visibilité, vers 3h TU. A noter que lors de sa découverte, les astronomes ont cru que cet objet était un astéroïde (d’où son matricule ER61, qui correspond à ceux donnés aux astéroïdes), avant que sa nature cométaire ne soit révélée. Et également que C/2015 ER61 (PanSTARRS) est une comète à longue période, mais plus courte quand même que C/2015 V2 (Johnson) : elle reviendra normalement dans à peu près 19 000 ans ! Mais c’est tout de même probablement la dernière occasion de l’observer cette année pour les Terriens !

Deux belles petites comètes accessibles, donc, à observer dès que la Lune nous laisse le ciel noir ! N’hésitez pas à réserver une soirée, matinée, ou nuit d’observation, où vous voulez, quand vous voulez, pour observer les deux visiteuses avant qu’elles ne repartent vers les confins du Système solaire !

Et si vous désirez être tenus au courant de l’actualité du ciel en continu par SMS, inscrivez-vous aux alertes astronomiques du Comptoir des Étoiles ! C’est simple, gratuit, efficace, sans publicités (et sans arrière-pensée de récupération de données ou intention commerciale, si ce n’est vous pousser à aller voir le ciel, si possible avec le Comptoir des Étoiles), et ça vous permet de recevoir un rappel pour les événements à venir, et d’être les premiers au courant en cas d’événement inattendu !