Les Perséides arrivent !

Si vous vous levez demain matin (11/08) avant le lever du Soleil, vous devriez, malgré la Lune, apercevoir quelques étoiles filantes traverser rapidement le ciel nocturne. C’est normal, le maximum d’activité des Perséides est prévu dans une cinquantaine d’heures !

Les Perséides 2017 photographiées par Tunç Tezel depuis la Turquie. Crédit : Tunç Tezel, TWAN

Tous les ans, à la même période (aux alentours du 12 août), de nombreuses personnes partent à la chasse aux étoiles filantes (également appelés météores). Car ces dernières sont effectivement plus nombreuses ces nuits-là. La raison ? Notre planète, la Terre, traverse alors une zone plus dense en poussières (également appelés météoroïdes) de l’espace. Ces poussières se sont échappées depuis plusieurs centaines, voire milliers d’années du noyau d’une comète, 109P/Swift-Tuttle, qui revient à proximité du Soleil, et donc de la Terre, tous les 133 ans environ. Car le noyau d’une comète est composé de poussières et de glaces. En se rapprochant du Soleil, la glace de la surface se sublime (passe directement de l’état solide à l’état gazeux), emportant avec elle les particules rocheuses inclues dedans. Conséquence : l’orbite de la comète est entourée d’un nuage de météoroïdes qui ont été libérés depuis plus ou moins longtemps, et donc plus ou moins dispersés. Son dernier passage eut lieu en décembre 1992, et les années qui précédèrent et suivirent ce retour furent la source d’une recrudescence d’activité.

Depuis, l’activité semble s’être stabilisée, et le nombre théorique de Perséides observables actuellement par heure lors du maximum est d’environ 100. Le nombre de météores réellement observé est moindre (sauf si vous avez un ciel parfait !). Par exemple, cette année, la Lune étant présente dans le ciel, vous devriez observer 20 à 30 Perséides par heure, en fin de nuit, même si le ZHR* est de 100, en fin de nuit du 11 au 12, puis du 12 au 13 août.

Le maximum est en effet prévu cet année  entre le 12 août, 14h TU et le 13 août, 02h30 TU. Les meilleures périodes pour observer les Perséides sont donc la fin de nuit du 11 au 12 août, et toute la nuit du 12 au 13 août (en début de nuit, le radiant sera bas dans le ciel, mais la Lune absente ; en fin de nuit, le radiant** sera plus haut, mais la Lune sera présente, donc en fonction de vos disponibilités et conditions d’observation, vous pouvez choisir votre période d’observation).

La position du radiant des Perséides (PER) et son déplacement au cours du temps. Crédit : IMO

Pour cela, quelques conseils indispensables pour que vos observations se déroulent bien !

  • Couvrez-vous chaudement ! Même si nous sommes en été, les nuits sont fraîches, et vous allez rester allongés, sans trop bouger. Donc si vous ne voulez pas écourter votre session d’observation pour cause d’hypothermie, couvrez-vous chaudement, d’autant plus que les températures prévues pour les nuits à venir sont relativement fraîches.
  • Allongez-vous ! Chaise-longue, tapis de sol sont les bienvenus ! Sinon, c’est torticolis assuré, et une session d’observation écourtée…
  • Observez en deuxième moitié de nuit : le radiant (le point du ciel, d’où, par un effet de perspective, les Perséides semblent toutes provenir) des Perséides est dans Persée (d’où leur nom). Or, la constellation de Persée est très basse dans le ciel en début de nuit. Conséquence : leur nombre observable sera faible. Par contre, en fin de nuit, Persée sera bien plus haute dans le ciel, et le nombre de météores observés sera donc bien plus important !
  • Concentrez-vous ! Vous verrez bien moins de météores si vous ne gardez pas toute votre attention concentrée vers le ciel. Surtout pour les météores les moins lumineux.
  • Essayez d’observer sous des cieux les plus purs possibles : la Lune sera présente, et éclairera le ciel. Tout voile de brume, nuages, humidité ou aérosols augmentera considérablement ses effets. Plus votre ciel sera pur, moins l’effet de la Lune se fera sentir, et plus vous verrez d’étoiles filantes.
  • Masquez la Lune (avec un relief, un paravent, un parasol, ou une casquette) : cette dernière est très brillante, et fatiguante à la longue. Surtout, ne la gardez pas dans votre champs de vision, mais regardez plut^to dans la direction opposée, là où le ciel est plus noir !

N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions à ce sujet !

Bonne chasse aux vœux !

 

Notes

*ZHR : Zenithal Hourly Rate, c’est-à-dire le nombre théorique maximum observable de météores d’une source météorique donnée dans des conditions d’observation parfaites (radiant au zénith et ciel bien noir). Le nombre de météores réellement observé est généralement moindre.

**radiant : zone de la voûte céleste d’où semblent provenir, par un effet de perspective, les météores d’une même pluie météorique. En pratique, il ne faut jamais observer directement le radiant, car les météores peuvent apparaître partout dans le ciel. Pour optimiser sa chasse aux Perséides, il faut observer à une distance de 20-40° du radiant, à 60-80° de hauteur, et ne surtout pas avoir la Lune dans son champs d’observation !

Saturne au plus proche pour 2017 !

Aujourd’hui, jeudi 15 juin 2017, Saturne, la planète aux Anneaux, passe à l’opposition ! Késako ? L’explication en est très simple. La conséquence, c’est qu’elle est placée au mieux pour l’observation pour cette année !

La planète Saturne, photographiée par la sonde Cassini (qui doit plonger dans son atmosphère en septembre prochain). Crédit : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

Moins brillante que Jupiter, qui domine le ciel par son éclat au-dessus de l’horizon Sud, mais tout de même bien présente, Saturne est déjà levée en début de nuit, au-dessus de la constellation du Scorpion (facilement reconnaissable, au-dessus de l’horizon Sud-Ouest). Depuis Ophiuchus (la seule constellation du zodiaque qui n’est pas un signe du zodiaque, entre le Scorpion et le Sagittaire), elle domine la Voie lactée et brille comme un petit point jaunâtre, qui ne scintille pas (contrairement aux étoiles).

Or, aujourd’hui (15/06/2017), Saturne passe à l’opposition. C’est-à-dire que, depuis la Terre, la planète aux anneaux est localisé à l’opposé du Soleil dans le ciel. Et un simple dessin suffira à vous en convaincre rapidement : une planète qui passe à l’opposition… est une planète qui est au plus près de la Terre ! Et même si malheureusement, Saturne ne monte pas très haut dans le ciel, son diamètre apparent sera le plus grand pour toute l’année 2017.

Nombreux sont ceux pour qui la première vision de Saturne et son fin cortège d’anneaux reste gravée dans la mémoire. Et pour cause ! Cette structure, qui fait à peine quelques dizaines de mètres d’épaisseur (la planète fait quant à elle 120 000 km de diamètre, et les anneaux, plus de 400 000 km) est très facilement visible depuis la Terre, même dans les plus petits des instruments amateurs ! Une bonne paire de jumelles grossissant un peu peut déjà révéler la forme ovoïde de l’astre (sans qu’on puisse distinguer les anneaux), et son satellite principal, Titan. Avec un petit instrument, le doute n’est plus permis, et les anneaux s’affichent déjà dans toute leur splendeur, avec la division sombre de Cassini, et plusieurs satellites deviennent observables !

La planète sera observable dans de bonnes conditions tout l’été : si vous voulez l’observer (ainsi que bien d’autres objets célestes), n’hésitez pas à réserver une soirée, matinée, ou nuit d’observation, où vous voulez, quand vous voulez ! Et si vous désirez être tenus au courant de l’actualité du ciel en continu par SMS, inscrivez-vous aux alertes astronomiques du Comptoir des Étoiles ! C’est simple, gratuit, efficace, sans publicités (et sans arrière-pensée de récupération de données ou intention commerciale, si ce n’est vous pousser à aller voir le ciel, si possible avec le Comptoir des Étoiles), et ça vous permet de recevoir un rappel pour les événements à venir (prévus ou imprévus) !

Observez 5 passages de l’ISS en une seule nuit !

Vous avez déjà observé un point brillant, voire très brillant, qui traverse une grande partie du ciel sans clignoter ? Alors vous avez peut-être déjà observé la Station Spatiale Internationale en direct ! Fin mai, les conditions devraient être optimales pour pouvoir en profiter au maximum, et saluer 5 fois Thomas Pesquet en une seule nuit (avant qu’il ne revienne, en juin prochain) !

Photographie d’un passage de l’ISS. Crédit : Dan Bush

La Station Spatiale Internationale (ISS, pour International Space Spation), à environ 400 km d’altitude, est le plus grand complexe en orbite autour de la Terre. L’ensemble de la structure, d’une centaine de mètres de long, de plus de 70 m de large , et dotée de grands panneaux solaires, peut ainsi réfléchir la lumière du Soleil vers la Terre si elle est éclairée par le Soleil ! Et si c’est le cas, elle devient alors visible depuis le sol, comme un point brillant qui se déplace sur le fond des étoiles.

En temps normal, on peut généralement observer un, voire deux passages (mais parfois aucun) de l’ISS dans le ciel, en début ou en fin de nuit. Mais il est des occasions où elle peut être vue à de nombreuses reprises, et la fin du mois de mai sera une de ces occasions là ! En effet, pendant 4 nuits, du 23 au 27 mai, l’ISS fera 5 passages visibles consécutifs au-dessus du Sud-Est de la France !

Photographie de la Station Spatiale Internationale (ISS) montrant l’immense complexe monté en orbite. Crédit : NASA

Car du haut de ses 400 km d’altitude, l’ISS vogue autour de la Terre à environ 7,7 km/s (27 600 km/h !), et elle fait donc un tour de notre planète en un peu plus d’une heure et 35 minutes : elle passe donc au-dessus de nos têtes régulièrement ! Mais n’est visible que lorsqu’elle éclairée par le Soleil, sinon, son passage est plus discret, et même complètement invisible. Dans les nuits du 23 au 27 mai, l’ISS sera éclairée par le Soleil à chacun de ses passages au-dessus du Sud-Est de la France : ce sont donc 5 passages (donc 5 coucous à Thomas Pasquet qui seront observables pendant la nuit) !

Si vous souhaitez observer ces 5 passages (ou moins en fonction de la fatigue et des disponibilités), n’hésitez pas à réserver une soirée, une matinée, ou une nuit complète d’observation avec le Comptoir des Étoiles ! Entre chaque passage (qui dure de 3 à 6 minutes environ), nous partirons à la découverte du ciel à l’œil nu, et voyagerons vers les planètes du Système solaire (et des comètes) et observerons l’Univers lointain (galaxies, nébuleuses et amas d’étoiles) avec des instruments d’astronomie ! De belles nuits en perspective !

Le Printemps des Comètes

45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova, 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak, C/2017 E4 (Lovejoy), C/2015 V2 (Johnson)… Ces petits matricules et noms ne vous disent rien ? Alors c’est que vous avez dû manquer le début du festival des comètes du printemps ! Mais pas d’inquiétudes, rien n’est perdu, car une dernière comète traîne sa queue dans le ciel : C/2015 ER61 (Pan-STARRS) ! A vos jumelles !

La comète C/2015 ER61 (PanSTARRS), photographiée le 6 mai 2017 par Damian Peach. Crédit image : Damian Peach

Aujourd’hui, 45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova est devenue une petite tâche floue insignifiante et difficile à observer, même dans des instruments de taille conséquente. 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak est quant à elle toujours observable dans la constellation de la Lyre, mais elle est très large et peu condensée : grand diamètre et grand champ indispensables pour espérer l’observer sereinement ! C/2017 E4 (Lovejoy) a également largement perdu en luminosité…

La comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak, photographiée le 5 mai 2017 par Yasushi Aoshima. Crédit image : Yasushi Aoshima, Spaceweather

Ne restent donc que : C/2015 V2 (Johnson), qui se promène actuellement dans le Bouvier, et est visible quasiment toute la nuit comme une tache floue qui continue de grimper doucement en magnitude (elle est actuellement entre magnitude +8 et +9), et surtout, la plus brillante du moment, C/2015 ER61 (Pan-STARRS) !

C/2015 V2 (Johnson), par sa position, est plus facile à observer. Elle est visible toute la nuit et relativement haute dans le ciel. issue du nuage de Oort, elle ne repasse dans le voisinage de notre planète que tous les 7 millions d’années environ… Donc profitez-en ce mois-ci, car il est peu probable que vous la revoyiez ! Une bonne paire de jumelles permet déjà de la repérer, au Nord-Est de la Tête du Bouvier, comme une boule floue cotonneuse.

La comète C/2015 V2 (Johnson), photographiée le 1er mai 2017 par Raffaele Esposito. Crédit image : Raffaele Esposito, Spaceweather

C/2015 ER61 (PanSTARRS), pourtant plus brillante d’une magnitude (elle n’est pas loin d’être à son maximum de luminosité, entre +7 et +7.5), nécessite un peu plus de recherches et d’efforts que sa camarade chevelue. Tout d’abord, parce qu’elle est localisée dans la constellation du Bélier. Et par conséquent, n’est visible que le matin. Ensuite parce qu’elle monte bien moins haut dans le ciel, puisqu’elle n’est qu’à une trentaine de degrés de hauteur, au mieux de sa visibilité, vers 3h TU. A noter que lors de sa découverte, les astronomes ont cru que cet objet était un astéroïde (d’où son matricule ER61, qui correspond à ceux donnés aux astéroïdes), avant que sa nature cométaire ne soit révélée. Et également que C/2015 ER61 (PanSTARRS) est une comète à longue période, mais plus courte quand même que C/2015 V2 (Johnson) : elle reviendra normalement dans à peu près 19 000 ans ! Mais c’est tout de même probablement la dernière occasion de l’observer cette année pour les Terriens !

Deux belles petites comètes accessibles, donc, à observer dès que la Lune nous laisse le ciel noir ! N’hésitez pas à réserver une soirée, matinée, ou nuit d’observation, où vous voulez, quand vous voulez, pour observer les deux visiteuses avant qu’elles ne repartent vers les confins du Système solaire !

Et si vous désirez être tenus au courant de l’actualité du ciel en continu par SMS, inscrivez-vous aux alertes astronomiques du Comptoir des Étoiles ! C’est simple, gratuit, efficace, sans publicités (et sans arrière-pensée de récupération de données ou intention commerciale, si ce n’est vous pousser à aller voir le ciel, si possible avec le Comptoir des Étoiles), et ça vous permet de recevoir un rappel pour les événements à venir, et d’être les premiers au courant en cas d’événement inattendu !

Une comète accessible aux jumelles !

Ça y est, elle devient accessible ! La comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresák est désormais accessible aux jumelles et… elle ne se couche plus, et est donc accessible aux astronomes toute la nuit. En attendant son passage rapproché, à la fin du mois !

La comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresak photographiée par Chris Schur le 16 mars 2017, alors qu’elle passait à proximité de la galaxie NGC 3198. Crédit: Spaceweather, Chris Schur

Les dernières observations sont unanimes : la comète 41P/Tuttle-Giacobini-Kresák brille désormais d’une magnitude d’environ +8, et elle est localisée entre les pattes avant et les pattes arrière de la constellation de la Grande Ourse ! Conséquences : elle devient désormais accessible aux jumelles, et elle est circumpolaire, c’est-à-dire qu’elle ne se lève ni ne se couche de la nuit (et du jour) ! Un avantage non-négligeable, qui permet de l’observer lorsque la Lune est absente du ciel, et au moment le plus opportun de la nuit !

Les images récentes de la belle chevelue montrent qu’elle commence à se teinter de vert, ce qui est signe qu’elle est de plus en plus proche… Et cela ne va pas s’arrêter là, puisqu’elle est en train de se rapprocher de notre planète, dont elle va s’approcher à une distance d’environ 21 millions de kilomètres les 31/03-01/04/2017. Une grande distance, mais un saut de puce à l’échelle du Système solaire ! Les prévisions les plus optimistes laissent à penser qu’elle pourrait alors être à la limite de la visibilité à l’œil nu. Nous verrons ! En attendant, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à la petite comète qui va traverser la Grande Ourse, puis le Dragon, au cours des semaines à venir ! Et ne manquez surtout pas la rencontre de la comète avec une galaxie (M109, la galaxie de la planche de surf) et une nébuleuse planétaire (M97, la nébuleuse du Hibou) dans la nuit du 21 au 22 mars !