Observez un astéroïde géocroiseur le 19 avril !

L’espace interplanétaire est vide, mais pas si vide que cela : entre les corps principaux du Système solaire circule un nombre incalculable d’objets, dont la taille varie entre celle d’un grain de sable à celle d’un petit bus… Et ils arrivent que certains d’entre eux soient amenés à passer à proximité de la Terre : ce sont les géocroiseurs. Et le 19 avril prochain, l’un d’eux sera observable dans des instruments astronomiques amateurs !

Toutes les nuits, les curieux du ciel qui lèvent les yeux vers le ciel peuvent espérer apercevoir quelques fugitifs traits lumineux dans le ciel : les météores (synonyme d’étoiles filantes). Ces dernières signalent les derniers instants d’un grain de poussière interplanétaire qui vient de pénétrer à très grande vitesse l’atmosphère de la Terre, où il se sublime rapidement, laissant derrière lui une traînée lumineuse…

Parfois, ces météores sont un peu plus brillants. Voire même très brillants, comme à Tcheliabinsk, le 18 février 2013, lorsqu’un objet d’une quinzaine de mètres de diamètre a fait une rentrée atmosphérique remarquée.

C’est un objet du même type, mais un peut plus petit (3 à 6 m de diamètre) qui est passé très près de notre planète le 4 avril dernier. Le petit astéroïde géocroiseur 2017 GM a été découvert quelques heures avant son passage à moins de 10 000 km de la Terre (soit moins haut que les satellites géostationnaires, qui sont eux à 36 000 km d’altitude), le 4 avril, à 10h 31min TU ! S’il était rentré dans l’atmosphère terrestre, nous aurions alors eu droit à un superbe météore, moins brillant tout de même que celui de Tcheliabinsk, mais qui aurait pu permettre de lancer une chasse aux météorites (s’il avait eu lieu au-dessus des terres émergées et habitées).

Image de synthèse montrant la trajectoire du petit astéroïde 2017 GM lors de son passage rapproché de notre planète, le 4 avril 2017. Il est alors passé à l’intérieur de l’orbite les satellites géostationnaires, représentés sur l’image par un cercle blanc.
Crédit : NASA/CNEOS

Le 19 avril prochain, un autre astéroïde géocroiseur va venir rendre visite à la Terre. Celui-ci sera bien plus gros que 2017 GM, puisqu’il fait pas loin de 1 km de diamètre (entre 0.6 et 1.4 km) ! Par contre, il sera bien plus éloigné, car il passera à la distance respectable de près de 2 millions de kilomètres de notre planète (donc 200 fois plus loin que 2017 GM). Cet astéroïde, 2014 JO25, a également été découvert bien plus tôt, puisque sa découverte remonte en mai 2014, grâce au Catalina Sky Survey (à l’origine également de la découverte de 2017 GM).

Si les risques d’une collision avec la Terre sont nuls, cette rencontre avec un astéroïde de cette taille n’est pas banale, puisque la dernière remonte à septembre 2004 (avec l’astéroïde (4179) Toutatis, de 2 à 4 km de diamètre), et que la prochaine ne devrait pas avoir lieu (sauf découverte) avant 2027, lorsque 1999 AN10 (800 m de diamètre) passera à moins de 400 000 km de la Terre. Et qui plus est, les dimensions estimées de 2014 JO25 sont telles que son passage devrait être observable avec des moyens amateurs dans la soirée du 19 avril, alors qu’il sera à son point le plus proche de la Terre !

N’hésitez donc pas à réserver dès maintenant une soirée d’observation avec le Comptoir des Étoiles si vous voulez venir observer le petit point de 2014 JO25 filer dans l’espace sur fond de ciel étoilé ! Commençant à 21h (lieu à définir en fonction des réservations), sera accompagnée du découverte du ciel (constellations, mythologie), ainsi que de l’observation d’autres objets bien plus éloignés (Jupiter, Mars, amas d’étoiles, nébuleuses et galaxies). Et n’hésitez pas à vous abonner aux alertes astronomiques si vous voulez être mis au courant le plus rapidement possible dès qu’un futur géocroiseur nouvellement découvert est observable !

Quand la Lune rencontre Saturne…

Demain matin, 21 février, n’hésitez pas à avancer un peu l’heure de sonnerie de votre réveil ! La Lune aura en effet rendez-vous avec le Seigneur des Anneaux du Système solaire : Saturne !

Position relatives de la Lune et de Saturne, dans les matinées du 19 au 21 février 2017, avant le lever du Soleil. Crédit : Guillaume Cannat/Le Guide du Ciel 2016-2017/amds

Position relatives de la Lune et de Saturne, dans les matinées du 19 au 21 février 2017, avant le lever du Soleil. Crédit : Guillaume Cannat/Le Guide du Ciel 2016-2017/amds

Le rapprochement était déjà sensible ce matin, mais il sera plus serré en fin de nuit du 20 au 21 février : après avoir rendu visite à Jupiter il y a quelques nuits, c’est à la deuxième planète géante gazeuse du Système solaire que notre satellite naturel va rendre visite. Moins brillante que Jupiter, aisément visible comme un point très brillant au-dessus de l’horizon Sud, Saturne sera placée sous la Lune, légèrement décalée vers l’Ouest (la droite). Et ceux qui disposent d’une paire de jumelles peuvent les diriger vers la planète : sa forme ovoïde (liée à ses superbes anneaux) et un petit point brillant (son satellite Titan) devraient alors être visibles !

Alors n’oubliez pas ! Rendez-vous demain matin, une heure et demie avant le lever du Soleil, avec votre paire d’yeux, et éventuellement un appareil photo et des jumelles !

Comète 45P: un passage rapproché discret…

Oubliez les articles mettant en avant le passage rapproché de la comète 45P/Honda-Mrkos-Pajdušáková la nuit prochaine (du 10 au 11 février) avec des images de comètes flamboyantes, visibles à l’œil nu, avec des queues s’étirant sur la moitié du ciel. Car même si la comète qui doit nous rendre visite sera la 13ème plus proche jamais observée depuis environ 1950, il y a fort à parier… que presque personne ne la verra.

Dans la nuit du 10 au 11 février, la comète 45P/Honda-Mrkos-Pajdušáková va donc passer à moins de 13 millions de kilomètres de la Terre ! A une échelle humaine, ça paraît énorme, mais aux échelles du Système solaire, c’est un saut de puce. Un tout petit saut de puce, puisque ce passage sera le 13ème plus proche jamais observé depuis le début des observations systématiques du ciel (et donc des comètes), c’est-à-dire la moitié du XXème siècle. A noter, d’ailleurs, que le 5ème passage le plus proche est à décerner… à la même comète, qui était passée à moins 9 millions de kilomètre en août 2011 !

La comète 45P/ telle qu'elle se présentait le 31 décembre 2016. Crédit : Michael Jaeger

La comète 45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova telle qu’elle se présentait le 31 décembre 2016. Crédit : Michael Jaeger

Mais cette fois-ci, le spectacle risque fort de passer inaperçu. On est très loin des images montrant la comète telle qu’elle était mi-décembre, avec une superbe queue, et une magnitude proche de +6 qui la rendait presque visible à l’œil nu début janvier, avant qu’elle ne disparaisse du ciel, car trop proche du Soleil. Depuis son retour dans le ciel du matin, la comète s’est éloignée du Soleil : sa queue a disparu, et elle se présente désormais sous la forme d’une boule floue verdâtre moins brillante qu’attendu. Qui plus est, elle est extrêmement diffuse, et même par des cieux bien noirs (c’est-à-dire sans Lune), les observateurs ont du mal à la distinguer sur le fond de ciel. Et comme vous avez pu le lire dans l’article précédant, si la Lune s’éclipse dans la nuit du 10 au 11, c’est qu’elle est Pleine… Donc très brillante, et présente toute la nuit.

La comète 45P/ telle qu'elle se présentait le 7 février dernier. Crédit : Bill Williams

La comète 45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova telle qu’elle se présentait le 7 février dernier. Crédit : Bill Williams

Il y a donc malheureusement fort à parier que très peu arriveront à observer la belle chevelue (mais sans cheveux) la nuit prochaine. Néanmoins, l’information de son passage rapproché mérite un article ! Et il faudra désormais patienter, et attendre que la Lune veuille bien nous laisser un peu de ciel noir quand la comète est dans le ciel pour espérer l’observer de nouveau. Cela devrait arriver d’ici une petite semaine. Mais d’ici-là, la comète se sera éloignée de nous, et aura perdu en luminosité ! Des fois, le ciel ne fait pas les choses comme on l’aimerait !

La Lune s’éclipse partiellement et légèrement…

La Lune va s’éclipse partiellement, et par la pénombre, dans la nuit du 10 au 11 février 2017 ! Vous êtes pourtant debout au maximum de l’éclipse (à 1h 45, heure locale), et vous avez l’impression de ne rien voir ? Pas d’inquiétudes, c’est normal…

Photographies de la dernière éclipse de Lune par la pénombre, observable depuis la France, le 16 septembre 2016. Crédit : Karl Antier, Le Comptoir des Etoiles

Photographies de la dernière éclipse de Lune par la pénombre, observable depuis la France, le 16 septembre 2016. Crédit : Karl Antier, Le Comptoir des Etoiles

La plupart des gens ont en mémoire la belle teinte rougeâtre et cuivrée que prend la Lune lors des éclipse de Lune. C’est effectivement ce qui se produit lorsque la Lune pénètre dans le cône d’ombre de la Terre (l’ombre de la Terre projetée dans l’espace) : depuis la Lune, on observe alors une éclipse de Soleil. Mais avant que le Soleil ne soit complètement éclipsé par la Terre, depuis la Lune, on observe une éclipse partielle… c’est exactement ce qui va se produire la nuit prochaine. Tous les potentiels Sélènites observeront, d’où qu’ils se trouvent sur la surface de la Lune, une éclipse partielle de Soleil par la Terre. Pour ceux situés plus au Nord de la Lune, le Soleil sera presque complètement éclipsé, mais pas complètement : le Lune ne pénètrera pas dans l’ombre de la Terre, mais uniquement la pénombre…

Différence d'apparence de la Lune entre une Pleine Lune classique, et une Pleine Lune avec éclipse par la pénombre. Crédit: Fred Espenak, NASA

Différence d’apparence de la Lune entre une Pleine Lune classique, et une Pleine Lune avec éclipse par la pénombre. Crédit: Fred Espenak, NASA

Si de la Lune, comme de la Terre, la différence entre une éclipse totale et une éclipse partielle de Soleil, c’est le jour et la nuit (petit jeu de mot très rigolo), il en est de même pour une éclipse de Lune par l’ombre et par la pénombre ! La nuit prochaine, donc, pas de teinte cuivrée, et de Lune tellement éclipsée que même les étoiles les moins lumineuses deviennent visibles. la nuit prochaine, il faudra bien se concentrer, et mieux, observer avec un instrument pour se rendre compte que la Lune est légèrement moins brillante que d’habitude. le phénomène étant même légèrement plus prononcé pour le limbe Nord de notre satellite.

Penumbral Eclipse of the Moon February 10 – 11, 2017 from LarryKoehn on Vimeo.

Ceux qui le souhaitent peuvent également réaliser une série de photos au cours de l’éclipse, qui commence à 22h 34min TU (soit 23h 34min, heure locale) et se termine à 02h 53min TU (soit 03h 53min, heure locale), avec un plongeon au plus profond de la pénombre (et donc un phénomène plus marqué) à 00h 44min TU (donc à 01h 44min, heure locale).

Disparition de l’œil du Taureau

Depuis les régions au Sud d’une ligne passant par Caen et Strasbourg, dans la soirée du 5 février, l’étoile principale de la constellation du Taureau, Aldébaran, va disparaître pendant plusieurs dizaines de minutes. Le phénomène est prévu de longue date et son horaire est prédit avec une précision astronomique ! Mais comment cela est-il possible ?

Tout simplement parce qu’un autre astre, bien connu, va passer entre nous et la susdite étoile ! Car cette nuit, la Lune, légèrement gibbeuse, va masquer l’étoile la plus brillante du Taureau, l’occultant pour une durée de quelques minutes (pour les personnes se situant pile aux endroits ou l’étoile va frôler le limbe lunaire) à 45 minutes (pour les régions méridionales françaises).

Position relatives de la Lune, dans la constellation du Taureau, juste avant l'occultation d'Aldebaran, en fin de soirée du 5 février 2017. Crédit : Guillaume Cannat/Le Guide du Ciel 2016-2017/amds

Position relatives de la Lune, dans la constellation du Taureau, juste avant l’occultation d’Aldebaran, en fin de soirée du 5 février 2017. Crédit : Guillaume Cannat/Le Guide du Ciel 2016-2017/amds

Malgré la luminosité de l’étoile (c’est la 13ème étoile la plus brillante du ciel nocturne), l’occultation ne sera évidente à voir à l’œil nu, car l’éclat de la Lune risque de gommer celui de l’étoile. Mais un petit instrument astronomique, ou même des jumelles, ou une longue-vue sur un trépied vous permettront de suivre confortablement le phénomène !

Les horaires de ce dernier sont variables, en fonction de la situation géographique de votre lieu d’observation, mais il débutera grossièrement quelques minutes après 23 h (en heure locale, 22h en Temps Universel), heure à laquelle l’étoile va subitement disparaître derrière la Lune, du côté non-éclairé). Et il se terminera lorsque l’étoile réapparaîtra aussi subitement qu’elle a disparu, du côté éclairée de notre satellite naturel, peu avant minuit (heure locale), voire quelques minutes après minuit pour les départements de l’extrême Sud-Est de la France.

L'amas ouvert des Hyades, dans le Taureau, est un groupe d'étoiles nées du même nuage de poussières, et dont les étoiles principales, vues depuis la Terre, forment un "V" qui symbolise la tête du taureau. Son étoile la plus brillante, Aldébaran (en bas du "V" sur l'image), est une géante rouge, et ne fait pas à proprement parler partie de l'amas (elle est à mis-distance entre nous et les Hyades). Crédit : Jerry Lodriguss

L’amas ouvert des Hyades, dans le Taureau, est un groupe d’étoiles nées du même nuage de poussières, et dont les étoiles principales, vues depuis la Terre, forment un « V » qui symbolise la tête du taureau. Son étoile la plus brillante, Aldébaran (en bas du « V » sur l’image), est une géante rouge, et ne fait pas à proprement parler partie de l’amas (elle est à mis-distance entre nous et les Hyades).
Crédit : APOD, Jerry Lodriguss

A noter également, pour ceux qui seraient frustrés de ne pouvoir observer ce phénomène, que la Lune passant dans une zone dense en étoiles brillantes (l’amas ouvert des Hyades), elle va également occulter 3 autres étoiles dans la soirée (répondant aux doux numéros de 85, 89 et 115 du Taureau), certains de ces phénomènes étant visibles depuis la moitié Nord de la France (pour 85 et 89 Tau), d’autres depuis la moitié Sud (pour 115 Tau). Même si les étoiles seront moins brillantes, ça peut peut-être permettre de limiter les frustrations pour ceux qui voulaient absolument voir une occultation ce soir et ne peuvent pas se déplacer !

Et pour ceux qui voulaient absolument voir une occultation d’Aldébaran, sachez que le phénomène se reproduira le 28 avril (pour toute la France) et le 31 décembre 2017 (pour les 3/4 Nord) !

La comète de Noël est de retour pour la Saint-Valentin !

Nous en avions déjà parlé au mois de décembre, puis elle avait disparu des écrans radar alors qu’elle se rapprochait du Soleil. Mais maintenant, ça y est, elle est de retour ! La comète 45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova va être de retour dans le ciel du matin, avant son passage rapproché de la Terre, le 11 février prochain !

Photographie de la comète 45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova prise par Piotr Dzikowski le 9 janvier 2017. la comète a depuis disparu du ciel, car trop proche du Soleil, mais devrait réapparaître dès maintenant dans le ciel du matin ! Crédit : Piotr Dzikowski

Photographie de la comète 45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova prise par Piotr Dzikowski le 8 janvier 2017. la comète a depuis disparu du ciel, car trop proche du Soleil, mais devrait réapparaître dès maintenant dans le ciel du matin ! Crédit : Piotr Dzikowski

Les dernières observations la concernant remontent aux soirées du 9 janvier. Depuis, la comète 45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova s’était rapproché (de manière apparente, car son passage au plus près du Soleil avait eu lieu le 31 décembre 2016) de notre étoile, et ne pouvait être observable. Mais cette période de disette va avoir une fin, puisqu’elle devrait être prochainement observable sous no cieux ! Elle va alors grimper avec une trajectoire quasi-verticale dans le ciel, et son mouvement va s’accélérer pour être maximum le 11 février prochain, date à laquelle elle passera au plus près de la Terre, à moins de 13 millions de kilomètres de notre planète. Les premières observations vont permettre de déterminer la luminosité qu’a la comète actuellement, et nous permettra peut-être d’extrapoler plus précisément sur celle qu’elle devrait avoir lors de son périgée. Dans tous les cas, ils ne faudra pas s’attendre à une comète très brillante, mais elle devrait être observable aux jumelles, même si la Lune, Pleine le 11 également (et en éclipse partielle par la pénombre), sera une gêne majeure. En attendant, il ne faut pas hésiter à tenter d’observer la petite boule floue du matin !

Une des dernières photographies de la comète C/2016 U1 (NEOWISE) prise par Jurak Hanula le 7 janvier 2017. La comète a depuis disparu du ciel, car trop proche du Soleil, mais devrait réapparaître dès lundi dans le ciel du soir...depuis l'hémisphère Sud seulement. Crédit : Juraj Hanula

Une des dernières photographies de la comète C/2016 U1 (NEOWISE) prise par Jurak Hanula le 7 janvier 2017. La comète a depuis disparu du ciel, car trop proche du Soleil, mais devrait, contre toutes attentes, réapparaître dès lundi dans le ciel du soir… depuis l’hémisphère Sud seulement. Crédit : Juraj Hanula

A noter également que, contre toutes attentes, la comète C/2016 U1 (NEOWISE), qui était également observable le matin en décembre dernier depuis nos latitudes (et jusqu’au 7 janvier), a survécu à son passage au périhélie, alors que tous les astrophysiciens imaginaient qu’elle allait se désintégrer lors de ce passage rapproché, le 14 janvier, à moins de 50 millions de kilomètres du Soleil. Elle devrait redevenir observable à partir de lundi 6 février dans le ciel du soir… mais uniquement pour les observateurs de l’hémisphère Sud !

Passages rapprochés d’astéroïdes

2017 BH30, 2017BS32 et 2017 BJ30. Voici les noms inintelligibles pour le commun des mortels des petites pierres qui nous ont rendu ou vont nous rendre visite dans les nuits à venir ! Pas de quoi s’inquiéter, évidemment ! Même pour 2016 WF9, qui selon un obscur Docteur, devrait nous percuter le 16 février prochain…

Photographie de l'astéroïde 2017 BH30, alors qu'il était à 500 000 km de la Terre, et qu'il s'en rapprochait. Crédit : Gianluca Masi, The Virtual Telescope Project

Photographie de l’astéroïde 2017 BH30, alors qu’il était à 500 000 km de la Terre, et qu’il s’en rapprochait. Crédit : Gianluca Masi, The Virtual Telescope Project

Le premier d’entre eux à nous avoir rendu visite ces derniers est le petit astéroïde 2017 BH30 : découvert le 29 janvier par le Catalina Sky Survey, il est passé à 0.1 fois la distance Terre-Lune le lendemain, le 30, à 04h 59min TU ! Sa distance à la surface terrestre était alors inférieure à 35 000 km, mais sa petite taille (5 à 10 m de diamètre), fait qu’il est resté d’éclat modeste, et nécessitait de gros instruments pour l’observer, malgré sa proximité.

Découvert le même jour (le 29/01/2017), 2017 BJ30, de dimensions légèrement supérieures (15 à 30 m) nous faisait également un petit coucou le 31 janvier dernier, mais à distance plus respectable, puisqu’il était à la même distance de notre planète que la Lune lors son passage au plus près de notre planète.

Enfin, aujourd’hui (2 février 2017), c’est 2017 BS32, découvert le 30 janvier, qui va passer à 0.4 fois la distance Terre-Lune (soit plus de 150 000 km) de notre planète, vers 20h 15m TU. Ce petit caillou est de dimensions légèrement plus imposantes que 2017 BH30, puisque ses dimensions sont estimées à environ 10-25 m de diamètre. mais comme il passe malheureusement plus loin que ce dernier, il sera de luminosité quasi-équivalente, et ne sera accessible qu’aux plus gros instruments, d’autant qu’il sera relativement bas sur l’horizon.

Positions respectives des planèts internes du Système solaire et de l'astéroïde 2016 WF9, les 16 (date de la fin du monde prévue) et 25 (date du réel passage au plus proche de l'astéroïde) février 2017. Crédit: NASA/JPL

Positions respectives des planèts internes du Système solaire et de l’astéroïde 2016 WF9, les 16 (date de la fin du monde prévue) et 25 (date du réel passage au plus proche de l’astéroïde) février 2017. Crédit: NASA/JPL

Pour conclure, un bruit court et se répand sur la toile que la fin du monde serait programmée pour le 16 février 2017, date à laquelle l’astéroïde 2016 WF9 nous percuterait de plein fouet, causant un méga-tsunami. Cette hypothèse mise en avant par le Dr Dyomin Damir Zakharovich, célèbre pour son inexistence complète dans les études sur les astéroïdes, va à l’encontre des 61 observations de l’astéroïde réalisées jusqu’à présent, qui montrent que le 16 février, 2016 WF9 sera  à plus de 53 millions de kilomètres de la Terre. Qui plus est, il sera au plus près de la planète bleue 9 jours plus tard, en réalité, soit le 25 février et il sera toujours distant d’environ 51 millions de kilomètres, ce qui devrait nous permettre de poursuivre une vie tranquille, sans se soucier du caillou qui pourrait éventuellement nous arriver sur le casque, ou d’une possible vague géante qui déferlerait sur New York (les Européens sont peinards, les catastrophes naturelles tombent généralement sur les grandes villes américaines).

Toutefois, si un tel événement devait avoir lieu, soyez le premier à le savoir en vous inscrivant aux alertes astronomiques du Comptoir des Étoiles !